Mercredi
Nous voilà partis en « Bijo », vous reconnaîtrez la célèbre marque, les arabes ont du mal à prononcer le « P » et ça devient souvent « B ». Ca donnait en Palestine au téléphone « yes yes, B like beople ! ».
Les gens de la voiture sont très sympas, on parle un peu de religion, de politique, de famille, le Yemen… Bon tout ça ça reste très
simple hein. Du coup je fais pas dans les fioritures. J’attribue à notre président pas mal de noms d’animaux que je connais, ("kurd" c'est "singe", "jamal" c'est "chameau", "hamar" c'est l'âne,
"kalb" c'est "chien"...). On s’arrête sur la route dans un bouiboui où on nous sert ce super bon ragout de viande au fenougrec, finalement on s’habitue, avec du riz. Tout le monde mange avec les
doigts dans la même assiette. On apporte parfois des couverts pour les touristes mais dans ce genre d’endroit il doit pas y en avoir beaucoup !
La main de Steph et nos compagnons de voyage
La route est belle, elle devient très sinueuse après le bouiboui, ce sont des montagnes et des petits villages de pierre construits
dans les mêmes pierres que les falaises en haut desquelles ils sont perchés.
On arrive à l’hôtel de Manakha. Là par contre c’est un endroit touristique, en fait le départ de toutes les belles ballades de la région. On décide finalement d’aller à pieds tous seuls au village d’après, Al Hajjarah, super beau village coupé en deux, la partie juive en dessous et arabe au dessus. Maintenant il n’y a plus de juifs, on n’arrive pas très bien à comprendre dans quelles conditions exactement ils sont partis. Plus ou moins attirés par la promesse d’un pays meilleur, mais les conditions ici ne semblaient pas si difficiles, bref l’enquête reste à faire.
Al Hajjara, partie haute et partie basse
Al Hajjara, partie haute
Al Hajjara, partie basse, le toit d'une maison.
Al Hajjarah, partie haute
Al Hajjarah, partie haute
On est invités par des écolières à entrer chez elles. Le sol est en terre battue. Au rez de chaussée, un vieil homme à moitié sourd nourrit dans un coin sombre une vache. C’est leur père. Il y a plein d’enfants dans la maison. Les garçons entraînent Stephan dehors pour une partie de foot et je monte à la cuisine avec les filles qui m’offrent un thé et un morceau de pain. On parle de mariage, évidemment, du nombre d’enfants que je n’ai pas, que j’aurai. Non non on n’a pas la pression !
Dans ce village c’est quand même assez touristique et il y a plein d’échoppes avec des bijoux. Mais on rigole bien avec les petits marchands qui nous racontent héberlués que certains touristes sont prêts à payer 100 dollards pour leurs petits colliers d’eucalyptus. L’un nous propose un taxi pour rentrer au village, 1000 rials. Comme on dit qu’on va rentrer à pied et que de toutes façons, faut pas déconner, il nous dit « faites du stop, vous donnez 100 et c’est bon ! ». Finalement quelqu’un nous a même pris pour les dix dernières minutes de marche.
Le dîner est le premier et j’espère le dernier dîner pour touristes qu’on a, des spaghettis, des frites, du riz… Et ensuite les danses folks, tout tourne autour de leur jambiyé, ah ces mecs…